Un modèle phénoménologique simple de la dynamique de population mondiale

Dans cet article, nous concevons un modèle phénoménologique de la dynamique mondiale de la population humaine en utilisant le produit mondial brut (PMB) comme variable d’entrée exogène pour déterminer le taux de natalité et de mortalité de chaque groupe d’âge. Tout d’abord, nous montrons que notre modèle reproduit fidèlement la dynamique de la population mondiale sur la période 1950-2015. Puis, dans des scénarios de PMB prospectifs, notre modèle donne des résultats très semblables pour toute trajectoire de PMP croissant. L’une des principales implications de ce résultat de simulation est que l’ONU et le GIEC ne tiennent pas compte de la relation historique qui a prévalu entre le PMB et la population de 1950 à 2015, et assument donc des possibilités futures de découplage entre développement économique et fécondité qui n’ont jamais été observées durant les soixante-cinq dernières années. De plus, en cas d’effondrement brutal de la production économique, la dynamique démographique de notre modèle réagit par des taux de mortalité plus élevés qui sont plus que compensés par des taux de natalité en hausse, ce qui conduit à une population relativement plus importante et plus jeune. Enfin, comme l’objectif principal de notre cadre analytique est l’intégration dans les modèles d’évaluation intégrée (Integrated Assessment Model, IAM), nous étudions la réaction de notre modèle à une fonction de surmortalité associée au changement climatique. Les estimations des décès supplémentaires par période de cinq ans dus aux changements climatiques en 2100 vont de 1 million dans un scénario de +2°C à 6 millions dans un scénario de +4°C.

Ce working paper a été présenté lors de la session de novembre 2018 du Séminaire de recherche de la Chaire. Télécharger la présentation ici.

Victor Court (University of Sussex) et Florent Mc Isaac (AFD) sont des chercheurs associés à la Chaire Energie et Prospérité.